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Pourim à DorVador

Lecture de la Meguila et fête

Cette année 2017, Pourim sera samedi 11 mars soir et dimanche 12 mars en journée.

  • samedi soir à 20h30, Arvit, Havdala et lecture de la Meguila (les déguisements sont bien venus). Fête de pourim (Si vous avez chez vous vodka et whisky à finir avant Pessah, apportez vos bouteilles à finir pour un petit lehayim...) jusqu’à 23h00.
  • Dimanche matin à 11h30 lecture de la Meguila en compagnie des enfants du Talmud Tora. Puis buffet et boisson pour clore...
  • Durant la journée de dimanche, a lieu normalement la séouda (repas de fête) familiale, au plus tard avant le couché du soleil. Chacun l’organise à sa guise et invite ses amis.

Pour chacune de ces activités, n’oubliez pas d’en profiter pour remplir les obligations de Pourim :
- les crécelles, déguisements et bonne humeur
- le don du demi shekel : don traditionnel pour la Communauté (à partir de Bar et Bat Mitsva)
- Matanot la évionim : un don substantiel pour la Tsedaka
- Michloah manot : si possible, colis de nourriture sucrée cacher pour une personne

Nous aurons quelques exemplaires de meguilot bilingues (jolie édition avec phonétique) à vendre sur place pour ceux qui en ont besoin.

Sinon, pensez à apporter votre texte d’Esther pour pouvoir suivre la lecture (si besoin l’imprimer ici où elle se trouve en PDF http://www.massorti.com/Texte-de-la...

Lieu

10, Rue du Cambodge

Obligations de Pourim

La Halakha demande deux lectures de la Meguila : une le soir et une dans la journée.

Demi Shekel et Tsedaka

- La règle est de donner chaque année une somme symbolique (5€) par personne en souvenir de l’impôt payé jadis au Temple par les Juifs du monde entier. La somme assemblée servira pour la synagogue.

- On doit aussi offrir un don aux pauvres (Matanot Laévionim) : une enveloppe sera à disposition au profit de Meïr Panim (organisme israélien de soupe populaire)

- Dans la journée, on offre à qui on veut de la nourriture (Michloah Manot), ce n’est pas forcément des sucreries mais à manger et à boire...

- Dans la journée de Pourim, séoudat mitsva (repas festif bien arrosé) en famille et entre amis.

Jeûne d’Esther

Il sera le mercredi 4 mars (du matin au soir)

Explications sur Pourim

Pourim Le carnaval juif

Pourim est la fête la plus étrange et la plus branchée du judaïsme, le carnaval des juifs, la fête des déguisements, de la boisson et plus sérieusement de l’interrogation sur le mal.

Cette fête a lieu à la fin de l’hiver, le 14 du mois juif de Adar (sauf à Jérusalem où la date est décalée au 15 Adar).

Cette fête n’est pas biblique et tout comme hanouka, elle a été rajoutée tardivement. Elle se base néanmoins sur un livre de la Bible : Esther. Esther veut dire « la cachée », c’est l’idée même de mystère et de secret qui est au centre de Pourim.

Le livre d’Esther :

Il fait partie des Ketuvim, la troisième et dernière partie de la Bible.
L’histoire d’Esther est la suivante : à l’époque où les juifs vivaient dans l’empire perse, c’est-à-dire après la destruction du premier temple. Une jeune femme juive choisie pour sa grande beauté devient reine auprès du roi de perse qui règne alors de l’Inde à l’Afrique. Mais le premier ministre Aman complote de faire tuer tous les juifs. Mardoché, l’oncle d’Esther et ennemi personnel d’Aman l’antisémite, demande à sa nièce d’intervenir auprès du roi pour faire annuler le décret d’extermination. Grâce au courage d’Esther et à la ruse employée, Aman est confondu et finira pendu à la potence qu’il avait dressée pour Mardoché le juif. A la fin tout est bien qui finit bien et les juifs sont non seulement sauvés, mais tuent tous leurs ennemis.

Ce curieux conte, digne des milles et une nuits, ne cherche pas trop à nous raconter une histoire vraie, mais plutôt à nous faire réfléchir à un monde livré au hasard (ce qui est le sens de Pourim) du fait de l’absence de Dieu. En effet, cette histoire prend tout son sens si on l’a lit de façon métaphorique.

Dans l’histoire d’Esther, tout arrive par hasard, mais le hasard fait bien les choses et au bout du compte, après une longue succession de hasards, les juifs l’emportent sur leurs ennemis.

Dieu est absent de toute cette histoire dans laquelle il n’est jamais question de religion, mais de destinée.

Le message symbolique du livre d’Esther :

Même si Dieu semble absent du monde, il ne faut pas désespérer car le bien finit par triompher du mal, à la condition de rester aussi vigilent que Mardochée. Mais le monde et donc la destinée humaine, reste néanmoins une immense farce absurde. En effet, le livre d’Esther est avant tout une moquerie du pouvoir. Rien n’est très sérieux dans toute cette histoire, ni le roi, ni les héros, sauf la question sous-jacente : pourquoi les méchants ont-ils parfois tant de pouvoir ? Pour un caprice personnel, le méchant Aman demande à exterminer tout un peuple ! Pour quelle raison y a-t-il à tant de haine ? Le roi, le laisse faire et semble indifférent au sort de ses sujets ! Comment les juifs peuvent-ils survivre dans un monde livré à l’arbitraire des hommes ? Comment conjurer le mal ? Voilà des questions bien sérieuses que le livre d’Esther aborde sous la forme d’une comédie à travers des personnages chargés de symbolique.

Si l’intrigue ressemble à un scénario de comedia d’el arte, qui semble bien éloigné de toute idée religieuse, les rabbins du Talmud ne s’y sont pas trompés pour autant et on fait du texte d’Esther, un livre presque aussi important que le rouleau de la Torah ! C’est en effet le seul texte, avec la Tora, qui obéit à des règles strictes d’écriture et de lecture. Cette lecture du rouleau d’Esther, la meguila, est le principal rite de Pourim.

Les rites de Pourim :

Le jeûne d’Esher :

La veille de Pourim, depuis le 9e siècle, on a la coutume de jeûner en souvenir du jeûne que pratiqua Esther.

La lecture de la meguila d’Esther :

Meguila veut dire rouleau de parchemin.

Le livre d’Esther est le seul, en dehors de la Tora, qu’il faut lire dans un rouleau de parchemin en récitant des bénédictions. Cela veut dire que ce curieux texte, cette farce caricaturale, est considéré comme d’une très grande importance pour la littérature rabbinique, presque autant que la Tora. De plus, on doit le lire deux fois : une fois le soir, une fois le matin, ce qui n’a pas d’équivalent. Chaque mot doit être bien audible, comme si chaque détail décelait un secret. Mais le public, très joyeux ce jour-là, ne cesse de faire du bruit ! En particulier dès que l’on prononce le nom du méchant Aman, copieusement conspué, et sifflé… Chaque personne suit la lecture publique dans son propre rouleau ou au moins dans un livre. Beaucoup tiennent une crécelle en main pour masquer de ce bruit de ricanement, le nom de l’ennemi des Juifs : Aman. Autant dire que cette lecture est celle préférée des enfants très attentifs à ne pas laisser un seul « Aman » échapper aux sifflets et crécelles.

Le déguisement :

C’est une coutume, depuis au moins le 16e siècle que de se déguiser durant cette lecture. La fête de Pourim est donc accompagnée de concours de déguisements et en Israël, il y a dans les rues, de véritables défilés de chars de carnaval. Si les juifs ont repris cette idée du carnaval vénitien, c’est qu’elle convient parfaitement au message du livre d’Esther : ne pas dévoiler son identité dans certains cas, tromper l’ennemi, jouer avec les apparences.

Mishloah manot :

Il s’agit d’envoyer, par une personne intermédiaire, un repas (de nos jours on le fait avec des sucreries) à une autre personne. Le sens de ce geste est de lutter contre le mal, par l’entraide sociale, tout en jouant du fait qu’on ne sait plus très bien qui envoi à qui du fait de l’usage de l’intermédiaire. Cela ressemble aussi à la manière dont Dieu agit dans notre monde : par des voies naturelles, mystérieuses et indirectes. En cela, Pourim est l’antithèse de Pessah qui lui succèdera d’un mois, car Pessah raconte une intervention directe de Dieu dans l’histoire humaine.

Matanot leevionim :

Ce sont des dons, à au moins deux pauvres, faits durant la journée de Pourim. De nos jours, dans beaucoup de communautés, on organise une collecte qui ira au profit d’une association s’occupant de la pauvreté. Là encore, la tsedaka, a de tout temps été un moyen pratique de lutter contre le mal qu’est la misère.

Le ½ shekel :

Il s’agit d’une somme symbolique (2 ou 3 Euros) offerte par chaque individu à la synagogue en souvenir de l’impôt payé au Temple dans l’Antiquité par les Juifs du monde entier. C’est encore une façon de montrer sa solidarité. En général, on envoie la somme rassemblée au profit d’une œuvre israélienne.

Le Mishté :

Il s’agit du festin de Pourim. Il se fait normalement durant la journée, après la lecture de la meguila. Le talmud précise qu’il faut boire jusqu’à confondre « bénit soit Mardochée » et « maudit soit Aman » donc jusqu’à confondre le bien et le mal ! Là encore nous retrouvons le motif qui traverse toute cette fête : où ce cache le bien et le mal et qui saura les distinguer ? Mais l’idée de beuverie ne plaisait pas trop aux rabbins et nombreux sont ceux qui appelèrent à la modération… Le fait est que là encore, nous sommes dans le thème du carnaval et de la confusion. Comme si toutes les nombreuses limites imposées par la loi de la Tora devaient tomber ce jours marqué par cette contre Tora que serait la meguila d’Esther !

Il existe encore d’autres coutumes de Pourim qui sont venues embellir l’histoire juive :

Bal de Pourim :

Les communautés juives organisaient parfois de somptueux bals de Pourim. Cela se fait moins de nos jours, mais dans l’Europe d’avant la Shoah c’était assez commun. Dans les temps plus anciens, on organisait même des concerts et des spectacles, les familles les plus riches faisaient des réceptions joyeuses et mondaines.

Le pourimspiel :

C’est l’ancêtre du théâtre juif. Depuis le moyen âge, de véritables troupes se sont formées afin d’amuser le public. Jongleurs, saltimbanques et acrobates réjouissaient les communautés juives. On jouait l’histoire d’Esther où celle d’autres héros bibliques. Peu à peu, ce théâtre, très populaire et débordant vite la seule période de Pourim pris de l’ampleur jusqu’à donner naissance au théâtre yiddish, puis hébraïque moderne. Aussi curieux que cela paraisse, les fameux spectacles musicaux de Brodway trouvent leurs racines dans le pourimspiel, le spectacle populaire de Pourim.

Conclusion

Pourim n’est certes pas la plus importante des fêtes du calendrier juif. Mais c’est assurément la plus joyeuse et la plus curieuse. Elle touche à l’enfance, le jeu, le rire, mais aussi le drame, car dans l’histoire juive, nous avons connu bien des ennemis et bien des malheurs. Mais l’idée est que le rire et la dérision restent les meilleures armes face à l’adversité. La vie religieuse juive est loin d’être austère et les diverses coutumes de Pourim viennent le montrer.

Du point de vue mystique, le judaïsme est loin du dogmatisme puisque Pourim vient fleureter avec l’hérésie pour nous raconter comment on lutte contre le mal dans un monde où Dieu a laissé sa place à la toute puissance humaine.

Conférence sur Esther

Voici une conférence du Rabbin Yeshaya Dalsace à écouter sur Akadem

http://www.akadem.org/sommaire/them...

agenda

Samedi 11 mars 20:30-23:00
Dimanche 12 mars 11:30-13:30