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Qui sommes nous ?

DorVador (« chaque génération » en hébreu) est une communauté d’obédience Massorti (Conservative en Amérique, troisième grand mouvement juif mondial avec l’orthodoxie et les libéraux) cherchant à servir la population juive de l’Est parisien intéressée par une approche ouverte, moderne, égalitariste mais néanmoins traditionnelle du Judaïsme. Cela en encourageant chacun et chacune dans l’approche et la compréhension de la Tradition : la Tora et ses commentaires, les prières et les chants , l’histoire de notre peuple et la pensée juive.

Notre projet est d’une part de susciter la curiosité et l’intérêt de nos coreligionnaires peu ou pas pratiquants et de faire connaître à tous le bonheur d’étudier, mais aussi de vivre des moments privilégiés de vie communautaire dans l’amitié et la convivialité ; d’autre part de proposer à des juifs pratiquants et respectueux d’une démarche halakhique sérieuse, une approche moderne et ouverte du Judaïsme.

Ce Myniane convivial et familial accueille des juifs de toutes origines et de diverses tendances. Les femmes y occupent tout naturellement leur place et y assument des responsabilités égales tant dans la vie sociale que religieuse.

Autre originalité : la plupart de nos activités ont lieu dans un appartement, une "maison synagogue". Cela permet un accueil chaleureux et une meilleure utilisation de l’espace avec nos moyens limités. La synagogue familiale est un concept moderne et branché, chez nous, c’est aussi chez vous...

Notre rabbin est Yeshaya Dalsace chez qui étude et activités diverses ont lieu régulièrement.

Le président est le juriste Daniel Stein qui travaille avec un Conseil d’Administration fort de 15 membres. Le président d’honneur est l’historien du judaïsme Philippe Boukara.

Nous faisons tout pour vous offrir une communauté juive vivante, chaleureuse et intéressante, à vous de pousser la porte.

Notre vision

Notre conception du judaïsme est à la fois sérieuse, nous tenons au respect de la Halakha, et allant de l’avant, rituelle et culturelle. Pour nous le judaïsme n’est pas qu’une religion, c’est également une culture aux multiples facettes et une identité.

Pour nous, chacun doit pouvoir trouver sa place dans notre synagogue, quel que soit son degré de pratique du judaïsme, de connaissances, d’assiduité ou ses moyens.

Nous sommes une communauté attachée à une vision intelligente du judaïsme et sans tabous, petite et chaleureuse.

Nous regroupons aussi bien des juifs strictement pratiquants et respectueux du shabbat que des gens beaucoup moins traditionalistes, et même quelques athées en quête de culture juive et d’échanges.

Nous voulons que chacun se sente le bienvenu et ne jugeons personne.

Nous sommes attachés à l’idée d’un judaïsme moderne mais authentique. Nos offices sont selon le rite classique et en hébreu, mais toujours présentés de façon pédagogique. Ils sont égalitaires et proposent un rôle actif aux femmes qui le désirent.

L’étude juive pratiquée, se fait à partir des textes classiques, Tora, Talmud… que nous cherchons à rendre accessibles au plus grand nombre.

Vous pouvez venir à toutes nos activités, vous serez toujours les bienvenus, à vous de juger si nous proposons le judaïsme qui vous convient ou non.

Notre Rabbin

Yeshaya Dalsace,

marié et père de cinq enfants,

Licence d’hébreu et de culture juive à l’INALCO,

Etudes juives en Yeshiva en Israël,

Master de Judaïsme et diplôme rabbinique à l’Institut Schechter de Jérusalem.

Par ailleurs : études d’art dramatique au Théâtre national de Chaillot avec Antoine Vitez, comédien et mise en scène, enseignant la dramaturgie à l’Université hébraïque de Jérusalem, Service militaire dans Tsahal. journaliste pour l’Arche et Kol Israël (radio nationale israélienne), collaborateur au site Akadem, conférencier...

Conseil d’Administration

Président d’honneur : Philippe Boukara

Président : Daniel Stein

Secrétaire : Françoise Michaelis

Trésorier : Maurice Fdida

Vice président : Jean-Claude Giabicani

Trésorière adjointe : Philomène Bonasso

Laurent Alhadef

Emmanuelle Alhadef

Dominique Arvaud

Shula Benaud

Renée Fdida

Anne Lascar

Jan Sekal

Solange Soucaille

Eve Szeftel

DorVador in English

DorVador (meaning "every generation" in Hebrew) is a Masorti (conservative judaism) community which serves the Jewish population of Eastern Paris who are interested in an open, modern but traditional Judaism.

DorVador takes an approach to Judaism which promotes an understanding of tradition, the Torah and its commentaries, prayers and songs, the history of our people and Jewish thought.

DorVador’s first aim is to appeal to members of the Jewish community who are less involved and engage them in celebration of Jewish life in the community. The second aim is to offer more active Jews in the community, a modern and halachic approach to Judaism.

In September 2009 DorVador welcomed Rabbi Yeshaya Dalsace as their permanent Rabbi.

DorVador is a community committed to a vision of Judaism which is intelligent, has no taboos, while at the same time being small and cozy.

Dor Vador describes itself in the following way :

"Our members come from a variety of backgrounds and levels of observance - we have Jews who are more strict in their observance, some who are less traditional, and even a few atheists who are exploring Jewish culture.

We welcome everyone judge no-one."

Historique de Dor Vador

Par Philippe Boukara

Quelques repères à l’occasion de son dixième anniversaire

L’histoire de Dor Vador commence le vendredi 22 septembre 2000, avec un premier office de kabbalat chabbat célèbré par une trentaine de personnes dans un local de l’OPEJ, Oeuvre pour la protection de l’enfance juive, situé au 46 boulevard Voltaire.

A vrai dire, il y avait eu à cette histoire une préhistoire : peu après l’arrivée à Paris de Rivon Krygier comme rabbin d’Adath Shalom (1991), un Talmud Torah avait commencé à fonctionner à l’école Spinoza, dans le 11ème arrondissement, pour les élèves habitant l’est de Paris - parmi les parents figurait Renée, dont la nièce, Valérie Stessin, terminait ses études de rabbin massorti à Jérusalem.

Après les fêtes de Tichri 1993, un minyan a commencé à se réunir dans cette école tous les vendredis soirs : pour ma part, c’était la première fois de ma vie que je m’engageais dans une pratique religisuse régulière, j’ai participé avec enthousiasme à ce projet qui n’a tenu que...neuf mois.

Le groupe restreint qui l’avait lancé manquait de cohésion, son lien avec Adath Shalom était fragile ; après une année de manque dû à cette interruption, j’ai pu participer à un minyan indépendant, dans le XIXème arrondissement, constitué par des déçus des synagogues consistoriales, dont le durée de vie a été...d’un an et demi.

Engagés activement dans Adath Shalom, notamment dans le projet de passer des petits locaux pionniers de la rue des Belles Feuilles aux locaux spacieux actuels, nous étions quelques uns à regretter le temps perdu dans les transports par ceux qui habitaient l’Est parisien.

Du Minyan de l’Est d’Adath Shalom à Adath Shalom Est

D’où l’initiative de septembre 2000, suivie, une semaine plus tard mais sans rapport de cause à effet, du déclenchement de la Seconde Intifada.

Des premiers temps du Minyan de l’Est ont été marqués par l’extême tension qui règnait en Israël, une partie des membres ayant des liens personnels très forts avec le Pays : Jeanne y avait sa fille et ses petits-enfants, Renée, on l’a dit, sa nièce et aussi sa soeur Evelyne et son beau-frère Georges, Eric et Aline, membres très importants de la première équipe, s’y étaient mariés et y avaient vécu de longues années, moi même, j’y avais vécu et y ai une partie de ma famille et de mes proches amis.

De l’automne 2000 à l’automne 2004, le Minyan de l’Est a connu des heures fastes où nous étions près de 30 le vendredi soir, des périodes de moindre fréquentation, avec quelques visites, la première année, de Floriane Chinski, élève-rabbin au séminaire massorti de Jérusalem, puis, en 2003, des visites plus nombreuses du rabbin américain Micha Hyman, suppléant Rivon en semi-congé sabbatique.

C’est à l’automne 2004 que le mouvement massorti, pour la première fois, nous a proposé l’envoi d’un élève-rabbin, Jean-Calude Sudre, pour un stage de cinq mois. Il a fallu alors déposer des statuts, choisir un nom (ça a été Adath Shalom Est, malgré d’autres propositions que j’évoquerai plus loin), élire un président (charge qui m’a été imposée sans trop que j’aie le choix de dire non...).

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Extrait du J.O du 19 mars 2005, en bas de la page 1237.

Dès l’arrivée de Jean-Claude Sudre, en février 2005, notre hypothèse s’est vérifiée : le potentiel pour une communuaté massorti dans l’Est parisien existe bien, le public venant nombreux à toutes les fêtes juives que nous avons alors commencé à célèbrer régulièrement.

Des offices du chabbat matin presque hebdomadaires ont été organisés pendant cette période, avec l’aide, notamment, de nos amis américains Nathan et Jessica, et de notre ami parisien et futur rabbin David Touboul.

D’un lieu à l’autre

Hélas, l’élan pris pendant le stage de Jean-Claude Sudre s’est enlisé après nos premières fêtes de Tichri (2005). Pour toutes sortes de raisons, le poste de rabbin qui devait être créé pour lui en 2006 ne l’a pas été.

Vers février 2006, nous avons dû quitter le local du mouvement de jeunesse Dror-Habonim, rue Pelleport (Paris 20ème), qui nous avait accueillis depuis l’automne. Prenant notre courage à deux mains, nous sommes retournés dans un local de l’OPEJ, situé, celui-là, rue des Pyrénees (Paris 20ème). Toujours liés aux oeuvres sociales juives (nous avons contribué chaque année à l’Appel pour la Tsedaka), nous avons bénéficié entre 2007 et 2009 de l’hospitalité de l’OSE dans ses deux locaux de la rue du Pont aux choux (Paris 3ème).

L’Intifada avait accompagné nos débuts, la grande Histoire ne nous a pas lâchés : lorsque nous sommes allés recevoir à Roissy, au début de 2006, notre premier Sefer Torah, convoyé par deux jeunes femmes élèves du séminaire rabbinique new-yorkais, on commençait à apprendre par bribes l’assassinat d’Ilan Halimi, Patrick, notre trésorier, me racontait sur la route qu’il faisait du sport avec le jeune homme et avec son père - pour ma part, je connaissais sa mère, travaillant à l’Espace Rachi...

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L’arrivée du Sefer Torah, début 2006. De gauche à droite : Patrick (trésorier de l’époque), Jean Pigeard, les deux élèves-rabbins new-yorkaises, Laurence Spira Weil, Jeanne Pigeard, Jean Claude Sudre

A ses heures fastes, le Minyan de l’Est a bénéficié de drachot de qualité faites par tous les membres à tour de rôle (Gil en a fait une vingtaine, soigneusement écrites et référencées !). Au long de ces années, il y a eu un nombre impressionnant de repas chabbatiques, conférences et sorties. Des artistes comme Laurent Naouri, Sylvie Sivann, Gérard Grobman et aussi Michèle Tauber nous ont soutenu généreusement.

Un petit Talmud Torah a fonctionné en 2006 et 2007 grâce à la volonté et à l’énergie de Jeanne, qui a elle-même enseigné avec à ses côtés Thirtsa et Mme Barash. Il faut dire que nous avons expérimenté, comme dans une "vraie" communautés, toutes les étapes du cycle de la vie : au moins une nomination de bébé (chez Patrick et Anna), quelques bar- et bat-mitzvahs, plusieurs mariages et aussi des deuils - celui d’une de nos membres, Eliane, et ceux des parents de plusieurs autres membres.

Finalement, Dor Vador

Il a fallu bien des efforts pour continuer à faire fonctionner l’office le vendredi soir alors qu’on avait de moins en moins souvent le minyan. Vers la fin, Jeanne et moi étions les seuls à faire des drachot, réduites, pour les miennes, au minimum permis par mon emploi du temps. Nous avons réussi, par contre, les fêtes juives, avec le concours de David, devenu élève-rabbin à Jérusalem, puis celui de Ronny Klein, autre rabbin massorti francophone. J’avais proposé, dans le passé, trois noms pour la communauté, sans qu’un consensus se dessine autour d’eux : Chevet A’him (Etre assis entre frères), formule du psaume bien connu "Iné ma tov ou-ma naïm..." ; Cha’arei Mizra’h (Les Portes de l’Est), allusion à cette entrée particulièrement sacrée du Temple de Jérusalem... ; puis Souccat Chalom, formule à connotation messianique.

Au printemps 2009, la perspective de la venue de la famille Dalsace se précisant, un nouveau nom a finalement été choisi : Dor Vador, et les ressources mises de côté ont trouvé à s’investir dans un projet ambitieux.

Construire une communauté, c’est apprendre à fédérer des gens différents par la sensibilité, le style, le caractère, et bien sûr, l’âge, la classe sociale et les opinions politiques. Cela demande un vrai respect de ceux avec lesquels on n’aurait pas, a priori, d’affinités, mais envers lesquels on fait l’effort de s’ouvrir.

Raconter brièvement cette première étape de l’histoire de Dor Vador - les neufs années qui ont précédé l’arrivée de Yeshaya et de sa famille - relève de cette impératif que nous enseignent les Pirké Avot (VI, 6) : "celui qui dit une chose en citant celui qui l’a dite [avant lui] rappoche la délivrance du monde". Pourquoi cela ? La réponse est dans la phrase suivante : "car il est dit [Livre d’Esther, II, 22] : Esther a parlé au roi [du complot déjoué contre lui] en citant [le rôle de] Mardochée".

Philippe Boukara