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Simhat Tora à DorVador

Mercredi 11 octobre : 19h00 office d’entrée de Yom Tov Simh’at Tora et akafot (danse avec la Tora)

Jeudi 12 octobre : 9h30 office de Yom Tov (Shemini Hag Haatseret et Simhat Tora, bénédiction de la pluie). Conclusion de la lecture du sefer Tora et lecture du récit de la Création. Tout le monde monte à la Tora, y compris les jeunes enfants.

Nous rappelons que dans le cadre de DorVador nous organisons un seul jour de Yom Tov et ne doublons pas celui-ci comme cela se fait dans la plupart des communautés de diaspora. C’est pourquoi nous faisons Simhat Tora comme cela se fait en Israël. Nous lirons alors la fin de la Tora et reprendrons le début du livre de Bereshit

Explications sur Simhat Tora

Simh’at Tora, « la joie de la Tora » est la fête la plus joyeuse du judaïsme avec Pourim. Si à Pourim, la joie exprime quelque chose d’ironique, une sorte de moquerie face à l’insoluble question du mal ; à Simh’at Tora la joie est pure, gratuite, totalement consacrée au joyau du judaïsme : la Tora.

Cette joie s’exprime en organisant sept processions dansantes (Akafot) dans la synagogue en se passant les rouleaux de la Tora de main en main, accompagnées de chants populaires. Ces processions ont lieu le soir et le matin. Le matin, on termine la lecture du rouleau de la Tora et on en commence une autre. Il faut donc avoir plusieurs rouleaux : dans le premier on lit les bénédictions prononcées par Moïse devant le peuple d’Israël « zot habrakha » suivi du récit de sa mort qui vient clore le pentateuque.

Dans le deuxième rouleau, on lit le récit de la création du monde. Normalement, chaque individu doit monter à la Tora ce jour-là et ont fait même monter les jeunes enfants en groupe, comme pour dire : la Tora appartient à tous les Juifs.

Comme ce jour est Yom Tov, le Maftir est lu dans un troisième rouleau (liste des sacrifices du jour dans la Parasha Pinhas) comme à chaque Yom Tov.

Dans le mouvement Massorti, c’est pour cette fête que les femmes ont réclamé à lire dans la Tora. Peu à peu, cette lecture s’est étendue à toute l’année (on assiste au même phénomène, des décennies plus tard, dans l’aile gauche du mouvement orthodoxe avec exactement les mêmes arguments).

Dans certaines communautés, on lit même le soir de Simh’at Tora, chose exceptionnelle puisque la Tora n’est jamais lue la nuit de façon solennelle.

Dans les petites communautés où il n’y a pas trois rouleaux de la Tora, on est obligé de rouler en arrière, de la fin jusqu’au début, le même rouleau. C’est un magnifique spectacle que de voir défiler tout ce texte qui a été lu tout au long de l’année de shabbat en shabbat.

Dans les grandes communautés, où il existe parfois de nombreux rouleaux de la Tora, non seulement ils sont tous sortis pour la procession (Akafot), mais on installe aussi différentes tables de lecture et on lit dans tous les rouleaux en même temps en ayant réparti le public nombreux en petits groupes. Le but est bien évidemment de gagner du temps, mais c’est également un très beau spectacle.

La dernière montée à la Tora (Alya) est considérée comme particulièrement honorifique, on chante alors un hymne a l’honneur de celui qui a été surnommé « fiancé et de la Tora » (Hatan Tora) et le suivant, celui qui entamera le nouveau rouleau, ce qui est également un grand honneur, est nommé : « fiancé du commencement » (Hatan Bereshit). La fiancée est bien évidemment la Tora elle-même.

Cet enchaînement marque le fait que la Tora ne se termine jamais, que sa lecture est infinie… De plus, la dernière lettre de la Tora est le lamed (d’Israël) et la première est bet (de bereshit), ensemble cela forme le mot : lev, « le cœur »…

C’est également la raison pour laquelle on a la coutume d’emmener tous les enfants à la synagogue. Comme dit le Talmud : « le monde repose sur le souffle des enfants qui étudient la Tora ». C’est à dire qu’il faut assurer une continuité de génération en génération pour étudier la Tora. Les enfants ont la coutume d’agiter des petits drapeaux.

Lorsque l’on soulève la Tora pour montrer l’écriture au public au moment de la lecture, on a la coutume de soulever a l’inverse de d’habitude, l’écriture vers l’extérieur, pour illustrer une parole talmudique : « retourne la en tous sens car tout s’y trouve » הפוך בה והפוך בה דכולה בה.

Le fiancé de la Tora est censé offrir un gros kiddoush (collation) au public de la synagogue.

Le côté exceptionnelle de cette joie de la Tora s’exprime en particulier par des danses, or selon la stricte loi, il est interdit de danser un jour de Yom Tov (tout comme à Shabbat) de peur qu’on en arrive à fabriquer des instruments de musique. Et pourtant, face à la joie de la Tora, l’interdit n’est plus respecté.

Cependant, la joie ultime de la Tora est dans l’étude de celle-ci et non dans la danse. Le judaïsme considère que le texte de la Tora est la source de l’ensemble, c’est le sens même de l’existence. Ce principe est difficile à comprendre pour quelqu’un qui n’est pas dans l’étude. Mais celui qui étudie nage alors dans une mer de commentaires qui font son délice. Pour le judaïsme, le texte de la Tora n’est que la partie visible d’un immense iceberg, beaucoup plus profond qui est l’ensemble de la tradition juive toujours en rapport avec un mot ou un verset de la Tora.
Participer à Simhat Tora, c’est soit chez celui qui étudie régulièrement exprimer extérieurement la joie qui nous habite lorsque nous étudions, soit amorcer une pompe qui mènera on l’espère vers l’étude, d’où l’importance de la présence des enfants.

Cette coutume de la joie de la Tora est relativement tardive. Dans la bible elle-même, il n’en est pas question. Il existe juste un huitième jour de fête « shemini hag haatseret », une fête de clôture du long cycle des fêtes commencé à Pessah et particulièrement intense durant le mois de Tishri. Ce jour de clôture n’avait pas de symbole particulier. Le fait de lui associer les Akafot, le bouclage et le recommencement du cycle de lecture, lui donne donc une consistance populaire importante. Comme en diaspora on double le jour des fêtes, on fait Simhat Tora le deuxième jour de « shemini hag haatseret », afin de pousser les gens à venir (le deuxième jour n’était pas toujours très respecté). Dans les communautés qui ont décidé de revenir à un seul jour (ce qui est une option envisageable dans certaines communautés Massorti) afin de s’aligner sur la lecture israélienne et de mettre en avant l’unité du peuple juif de par le monde, Simhat Tora se fera donc le premier jour, comme en Israël d’ailleurs.

Yeshaya Dalsace